Ligue des Champions : quand verra-t-on enfin un japonais champion d’Europe ?
Samurai FootballOn parle souvent du jour où le Japon gagnera peut-être la Coupe du Monde. On a même déjà creusé les chances des Samurai Blue en 2026, puis imaginé l’éclosion d’un Ballon d’Or japonais parmi les meilleurs espoirs actuels.
Mais il existe une statistique, plus discrète et pourtant saisissante : aucun joueur japonais n’a jamais remporté la Ligue des Champions (C1). Et ce n’est pas faute d’avoir frôlé la porte...
Les japonais qui sont allés le plus loin en Ligue des Champions
1) Keisuke Honda (CSKA Moscou) — Quart 2010, face à l'Inter

Saison : 2009-2010
Résultat final : l'Inter Milan bat le CSKA et file vers son titre, Honda sort en cours de match à l’aller (San Siro).
Le CSKA est solide, discipliné, mais l’Inter de Mourinho est au sommet de son cynisme. Honda touche le très haut niveau… ce qui le fait remarquer. Il signera quelques années plus tard à l'AC Milan. Il est aussi le tout premier japonais à atteindre un quart de finale de Ligue des Champions en Europe.
2) Yuto Nagatomo (Inter) — Quart 2011, face à Schalke 04

Saison : 2010-2011
Résultat final : Schalke élimine l’Inter, 7-3 au total.
Nagatomo est opposé à son compatriote, Atsuto Uchida (cité ci-dessous). L'Inter, tenant du titre, se fait renverser sans pitié. Malgré la débâcle, le latéral japonais fait forte impression sur l'ensemble des deux rencontres, étant même l'un des buteurs du club italien.
3) Atsuto Uchida (Schalke 04) — Demi-finale 2011, face à Manchester United

Saison : 2010-2011
Résultat final : élimination contre Manchester United, 6-1 sur l’ensemble.
Uchida reste une référence. 43 matchs disputés dès sa première saison à Schalke, il est à l'image de son équipe… inattendu, imprévisible. Malheureusement les Bleus Royaux tomberont sur une machine plus mûre, face aux Reds Devils.
4) Takashi Usami (Bayern Munich) — Finale 2012, face à Chelsea

Saison : 2011-2012
Résultat final : Bayern–Chelsea 1-1 (Chelsea gagne 4-3 aux tirs au but), à Munich.
Usami, très jeune (20 ans), est en prêt au Bayern Munich. Peu utilisé au cours de la saison, il aurait pu faire parti des médaillés de cette édition de la Ligue des Champions si son équipe n'avait pas failli aux tirs aux buts. En effet, l'attaquant de Gamba Osaka avait joué un match de Champions League cette année (contre Manchester City).
5) Shinji Kagawa (Manchester United) — Quart 2014, face au Bayern

Saison : 2013-2014
Résultat final : Bayern qualifié, 4-2 sur l’ensemble.
Dans un contexte difficile où Manchester United vit une période instable, Kagawa et les siens ne peuvent rien contre le Bayern. Le club allemand est intouchable. À ce stade, la C1 récompense rarement le talent isolé si la structure n’est pas au niveau. Kagawa en fait les frais.
6) Shinji Okazaki (Leicester) — Quart 2017, face à l'Atlético Madrid

Saison : 2016-2017
Résultat final : Atlético passe avec 2-1 sur l’ensemble (1-1 au retour).
Leicester, vainqueur surprise de la Premier League, se présente en quart de C1. C’est déjà un conte. Mais l’Atlético est un véritable rempart. Okazaki ne peut rien faire sur l'ensemble des deux matchs et se voit éliminé de la Champions League.
7) Takumi Minamino (Liverpool) — Finale 2022, face au Real Madrid

Saison : 2021-2022
Résultat final : Liverpool–Real Madrid 0-1, à Paris.
Minamino fait partie du groupe de Liverpool lors de cette finale. Il ne rentre pas sur la pelouse ce soir-là, mais il vit de l’intérieur ce que signifie être à une marche du sommet : une soirée fermée, un match qui bascule sur un détail, et une coupe d'Europe qui se refuse encore à un joueur japonais.
8) Takehiro Tomiyasu (Arsenal) — Quart 2024, face au Bayern

Saison : 2023-2024
Résultat final : Arsenal s'incline 3-2 sur l'ensemble des deux matchs contre le Bayern
Tomiyasu fait partie de l’effectif d’Arsenal sur la campagne européenne. Pour un japonais, c’est un marqueur important : être dans un club de Premier League qui revient enfin en quarts de C1, là où la compétition commence à ressembler à une guerre d’attrition. Malheureusement, le Bayern était une étape trop dur à franchir.
Les joueurs japonais qui ont le plus de chances de gagner la C1 aujourd’hui
1) Wataru Endo (Liverpool)

Liverpool fait partie de la poignée de clubs qui peuvent réellement soulever le trophée sur un cycle de 2-3 ans. Endo fait parti de la rotation de l'équipe. S'il y a bien un japonais favori pour gagner la C1, c'est lui.
2) Hiroki Ito (Bayern Munich)

Pour le Bayern, l’objectif de chaque saison est de remporter la coupe aux grandes oreilles. Si Ito s’installe comme option fiable (rotation ou titulaire), il peut entrer dans l’histoire.
3) Takumi Minamino (Monaco)

Monaco n’est pas un favori naturel… mais les histoires existent. Minamino s'est déjà imposé comme l'un des plus grands joueurs japonais de Ligue 1 de tous les temps. Et puis si ce n'est pas avec la Principauté, le technicien peut encore être transféré dans un club plus prestigieux...
Les autres joueurs japonais capables de gagner la Ligue des Champions

Au-delà des profils les plus évidents comme Wataru Endo ou Hiroki Ito, d’autres internationaux japonais évoluent aujourd’hui dans des clubs européens capables de réaliser une grande campagne en Ligue des Champions :
⭢ Takehiro Tomiyasu, désormais à l’Ajax, possède l’expérience du très haut niveau acquise en Premier League et pourrait profiter d’un parcours européen réussi du club néerlandais.
⭢ Ko Itakura, également à l'Ajax, fait partie des défenseurs japonais les plus fiables de sa génération.
⭢ Hidemasa Morita avec le Sporting Portugal, représente aussi une chance grâce à son profil intéressant.
Autrement dit, même si aucun Japonais n’a encore soulevé la Ligue des Champions, le nombre croissant de joueurs japonais présents dans les compétitions européennes majeures augmente mécaniquement les chances de voir ce jour arriver.
Ballon d’Or, C1, ou Coupe du Monde… qu’est-ce qui arrivera en premier pour le Japon ?

Trois "premières fois" possibles, trois montagnes différentes :
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Un japonais peut-il gagner la Ligue des Champions ?
👉 Le plus simple à court terme, parce qu’il suffit d’être dans un effectif qui gagne, même sans être la superstar. Liverpool/Bayern rendent ce scénario tangible.
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Un japonais peut-il un jour devenir Ballon d’Or ?
👉 Le plus dur individuellement : il faut une domination mondiale, des stats, des titres, une narration planétaire. Ça demande un joueur transcendant, pas seulement excellent.
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Le Japon peut-il devenir champion du monde ?
👉 Difficile, mais paradoxalement moins impossible qu’avant si une génération exceptionnelle se stabilise au très haut niveau (et que la densité de joueurs en clubs UCL augmente).